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Chronique du body combat  55

Toute en vers.

Avant de commencer cette histoire, je dois vous raconter un moment particulièrement terrible de mon existence.
Un moment qui a fait basculer ma vie, m’a fait sombrer dans la noirceur d’un futur raté, sans intérêts.
C’était un mardi soir, il y a peut-être six mois de cela, je remontais de notre cours de Body combat et comme à son habitude Manu était à côté de moi, silencieux, perdu dans les méandres de son téléphone, se moquant éperdument de mes propos que je pensais d’un intérêt certain.
Quand, soudain il se tourna vers moi et me dit d’une voix grave :
-Pierre, avec tes histoires de Body combat, tu n’obtiendras jamais le prix Nobel de littérature.

Mon souffle en fut coupé et je failli lâcher mon volant.
Une telle affirmation, venant de cet homme à la connaissance et au charisme indéniable, ne pouvait être que parole d’évangile.
J’eus une respiration.
Une respiration de chagrin.
De chagrin immense, presque insurmontable.
En moins d’une seconde, mes rêves, mes chimères, mon égo venaient d’être envoyés dans la benne à ordures, me laissant, là, seul, avec une peine incommensurable, d’une démesure dévastatrice…

 

Alors, après avoir trainé six mois de cette angoisse, j’ai décidé, merci à Molière et à son fameux Misanthrope, de vous écrire une petite chronique en vers, en espérant que l’ange de la littérature me lise et m’invite un jour dans le Panthéon des grands du passé.

 

 

Aïda :
Mon cœur s’épanche pour un homme tellement beau

Que je ne puis le décrire en seulement quelques mots.

Son beau visage et son corps admirable.

Son sourire et sa posture si aimable.

Oh ! Toi l’être suprême, Dieu, doux divin.

Aide-moi, par pitié à accomplir mon destin.

Cet adonis qui à tout instant provoque mon émoi.

N’a, malheureusement aucune attirance pour moi !

 

Stan :
Douce amie, l’important et bien entendu d’aider ta chance.

Fais comme moi, et tu verras, tu auras plus d’importances.

Un peu de rouge sur tes lèvres, une main dans tes cheveux,

Pourras ainsi en abondance rendre les hommes heureux.

Un joli sourire, un peu de poudre sur le fil de ton visage.

Et je t’assure, plus aucun amoureux ne pourra rester sage.

 

M’lle Lapinou :
Ma petite, sans coup férir, tout est dans la succion.

Ouvre bien la bouche et goute ce qui est bon.

La volupté se trouve dans l’attrait de cet ultime partage.

Et très facilement l’un après l’autre, tu tourneras la page.

Suis mon conseil, la technique et la finalité te seront si faciles.

Qu’ainsi, tu pourras exécuter tous les cas, même les plus difficiles

 

Bahram
First you ave to apprendre the parfait lang of chèque spire

Say that you can titche the english that to le séduire

Then you approche him like I dou with my the queen

But not very sai exactli all the chose that you meen

Then You have tou utilising my the best and parfaite tecnic

You say, come in my the little room and then you le nique.

 

Meskerem
danmatribugouloumgouloumonsè (Dans ma tribu Gouloum Gouloum, on sait)

Quetousequiestbonnepeupazètrelè (Que tout ce qui est bon ne peut pas être laid)

Alorongouteavandevraimentadmètre (Alors on goute avant de vraiment admettre)

Silapersonequelonnèmelèpeutêtre (Si la personne que l’on aime, l’est peut-être)

Lebongrocongolaisadenomreuxzavantage (Le bon gros Congolais a de nombreux avantages)

Carilèsomestiblequelquesoisongrantage (Car il est comestible, quel que soit son grand âge)

 

Yakoline
Ma cousine, petite fleur d’un grand champ verdi par la rosée du matin.

Sortant son petit livre rouge m’a expliquée avec minutie ce qui est bien.

Un bol de riz, trois jolis nems et un grand bol de sauce aigre douce.

Voilà la simple finalité des mâles et, franchement, ce qui les poussent.

Ils tomberont pieds et poings liés dans les tréfonds de ton immense besace.

Et fabriqueront pour toi, et pour pas très cher, toutes les choses qui passent.

 

Manu
Un ! Tout se trouve caché dans la nature.

Deux ! Mais tout d’abord il faut qu’il soit dur.

Trois ! Tu le laisses mijoter, apostasié de son rut.

Quatre ! Ainsi tu prépares sans peine ton turlutte.

Cinq ! Puis un jour tu lui fais comprendre ton envie.

Six ! Fais monter la sève qui en totalité coule en lui.

Sept ! Puis, obliges-le d’admettre, par un doigt de ta main.

Huit ! Que son soulagement se trouve tout au fond du jardin.

 

Aïda
Mes amis, merci de vos bons conseils.

Je me dois d’essayer l’un ou l’autre pareil.

Mais mon amour me semble si intouchable.

Qu’en vérité, je ne m’en sens pas capable.

Et seule la bouteille. Celle de ce bon vin.

Est en fin de compte, mon unique destin.

 

Anne
Je vois de quel homme, discrètement, tu dissertes.

Mais celui-ci, évidemment t’emmènera à ta perte.

Son cœur n’est tourné que vers une seule personne.

Qui l’aime à la folie et qui n’est pas vraiment conne.

Tu risques de te faire massacrer si jamais tu l’approches

Et te prendre dans la tronche une pléthore de taloches.

 

Aïda
Pt’it Rémi ? Ce n’est pas de lui dont je m’entretien.

Mais d’un homme intelligent, d’un homme de bien.

 

Anne :
Je faisais allusion à ce beau Jean-Baptiste !

Celui que j’aime. Celui qui me rend triste !

 

Aïda :
Tu te trouves bien loin de mon impatience.

Ce n’est pas avec eux que j’aimerais une danse.

 

Stan :
Alors quel est ce bel inconnu qui a tout ton attrait.

Celui que tu désires et qui vraiment te plait.

 

Aïda :
Mais à votre avis, qui est ce magnifique body combattant.

Celui qui dans notre art est de loin le plus convaincant.

 

Manu :
Ne dit pas ça ! Parles-tu de ce petit fluet ?

Cet avorton infâme dont tu gardes le secret.

Est-ce cette coiffure à la forme de Coluche ?

Qui fait de tes sentiments une véritable nunuche !

Ou sa tenue aux connotations si légère.

Mais sais-tu, bougresse, qu’il pourrait-être ton père !

 

Aïda :
Il est si mignon, si charmant avec ses chaussettes ridicules.

Que tout ce que j’aimerai c’est qu’un jour il m’en… (oups ! Je vous laisse la responsabilité de la rime)

Sa gentillesse est pour moi la fascination que je trouve principale

Pour que mon souhait le plus cher est qu’une fois il m’em… (Oh là-là, même chose pour celle-ci)

 

 

Manu :
Mais au grand Dieu je suis si choqué, faut-il que j’hallucine !

De songer même un seul instant que c’est lui ton ultime.

Que son corps chétif et sans le moindre ressort.

Ne trouve à tes yeux pas le moindre remord.

Que cette histoire de meilleur body combattant au monde.

N’est en fait qu’une affirmation et un subterfuge immonde.

Que ce bellâtre pénètre insidieusement dans ton inconscient

Dans le simple, unique et lubrique but, de devenir ton amant.

Que certainement, pour toi un grand sifflet à la voix mémorable.

Serait d’un bien meilleur goût et beaucoup plus présentable.

 

Aïda :
Ah ! Je ris de ton affirmation, toi l’homme aux caleçons si larges.

Qu’ils nous permettent à tous les cours d’admirer tes adages.

Ces boules d’aspect horribles qui se balancent à l’unisson.

Et que Meskerem, elle-même, a pris pour des rognons.

Sans oublier la petite Pamela, affolée de voir la finalité de tes abats.

Un jour, par grand malheur s’est infligée un immense mal au bras.

Et ma pauvre amie Stan qui pleurnichant dans toute son innocence

Me confia que jamais de sa vie, elle n’avait vu une telle abondance.

 

Bahram :
And mai bi, a botifoule man, qui like bocou the nice batteri

Could bi come always with you a very botifoule parti.

 

Pt’it Rémi :

Aïda souviens toi de toutes ces magnifiques et incroyables beignes.

Celles que je t’ai si souvent données, celles qui prouvent que je t’aime.

Ne sont-elles pas l’apanage d’un homme au charisme incroyable.

Qui est digne, dans toute sa belle splendeur de manger à ta table

 

Aïda :
Oh non, beaux prétendants, vous ne faites aucunement le poids.

Devant les chorégraphies magiques que Pierre fait devant moi.

Ce sont surtout ses postures, ses kicks, de tournures impeccables.

Qui font de lui un esthète de mon sport, véritablement adorable

Que tous les hommes à mes yeux ne sont que d’insipides farfadets.

Devant cet être d’exception, cet Adonis qui seulement me plait.

 

Stan :
Ma belle Aïda, tu devrais essayer de l’approcher avec délicatesse

Pierre est un homme sensible, perclus de nombreuses faiblesses.

Porte une perruque blonde, atout parfait de sa majeure défaillance.

Pose-lui des questions, cherche habillement à savoir ce qu’il pense.

 

Pierre :

Qu’entends-je ! Ai-je bien compris que ces mots qui vous distraient,

Que cette conversation si tristement désuète, j’en serais le sujet.

Sachez qu’un seul amour baigne la totalité de mon innocence.

Que mon cœur tangue uniquement pour une seule bienséance.

Que mon âme vole essentiellement dans cette direction unique.

Dans cet complétion du bonheur, dans cette apostasie magique.

Celle portée par tout homme, dans son indicible et unique karma.

Celle indiscutable qui par deux mots se nomme…

 le Body-combat !

 


 

 


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